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 "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam

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Asrae

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MessageSujet: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Sam 27 Mai - 10:24


Là où coule la rivière

feat Atcharyam

Asrae rêve.
Elle est loin du campement de son humain, mais assez proche pour entendre s’il l’appelle.
Elle se souvient de sa mère, une jument douce mais coriace. Elle s’était blessée dans sa jeunesse, et depuis boitait. Certains chevaux se seraient arrêté de vivre s’ils n’avaient plus pu courir; mais pas sa mère.
C’était un rêve agréable. Elles étaient ensemble, et cette dernière ne boitait pas. Il y avait un immense champ qui étalait son rouge à perte de vue. C’était des milliers et des milliers de coquelicots. Elles dansaient.
Asrae se lève, haut, très haut vers le ciel… Et un sifflement retentit, brisant le songe.
Elle dresse la tête vers le camp. S’approche avec circonspection.
Neloe l’avait attaché la dernière fois qu’elle était venue à lui. Il faut dire qu’elle revenait d’une balade lointaine.
Elle voit du soulagement sur son visage. Est-ce qu’il se demandait si elle viendrait ?
Il tient le bout de la longe qu’elle a cassé.
Neloe soupire. Du soulagement ?
Il s’approche, enfoui son visage dans sa crinière, la serre dans ses bras. Il reste un moment comme ça. Elle souffle doucement dans son cou.
Finalement, il s’éloigne:
Allez. Viens ma belle, on a quelque chose d’important à faire aujourd’hui.
Il la selle, efface les traces de son camp, monte sur son dos.
Elle s’attend à moitié retourner vers les Pics Rocheux, mais il la dirige à l’opposé.
La jument s’installe dans un galop tranquille, qu’elle est apte à tenir un bon moment.

Le sol défile sous ses sabots. Les paysages changent.
Un ruban scintillant apparaît soudain à l’horizon.
Elle dresse les oreilles, intriguée.
Ils s’approchent, et elle reconnait la rivière.
Neloe la laisse plonger son nez dedans.
Elle se désaltère avec soulagement. Ils ont fait un long voyage.
Elle lève alors l’antérieur le plus haut possible, puis le laisse retomber. L’eau se soulève dans un grand éclat et l’asperge de gouttes fraîches.
Sur son dos, Neloe rit.
Elle joue un moment, puis ils repartent, suivant le lit de la rivière.

Le soleil a encore fait une grande avancée dans le ciel lorsque qu’apparaissent des colonnes de fumées au détour d’un méandre.
Elle gravit la colline, et… des tipis. Beaucoup de tipis, à l’abri dans la vallée.
Un grand campement indien lui fait face, au bord de la rivière. Un peu à l’écart, elle reconnaît un petit enclos.
Plissant les yeux, elle observe alors la silhouette d’un cheval, auprès de l’enclos.
Que fait-il là ?
Elle connaît assez les chevaux indiens pour savoir qu’ils déambulent librement dans le camp en s’en éloignant rarement.

Sans s’en préoccuper d'avantage, la jument suivit les instructions de son cavalier, descendant avec précautions vers le campement indien.

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Atcharyam

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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Sam 27 Mai - 15:54



Monster, monster, I've turned into a monster.



Un soleil brillant illumine le ciel, et le campement indien. Un ciel que de temps à autre, un oiseau transperce de par son vol, en quête de proies. Un ciel parsemé de nuages blancs, aux allures de coton doux et agréable, mais qui demeurent toujours impossible à toucher. Un jour, je galoperai, moi aussi sur ses nuages...

Je m'ébrouai, marchant au pas, tranquillement, entre les tipis, tout en restant sur mes gardes. Je suis connu ici depuis le temps, et les humains comme les chevaux se sont habitués à ne pas m'approcher, ou alors avec appréhension. Les oreilles en arrière, je progressai nonchalamment, perdant mon regard à droite et à gauche, prenant en considération l'emplacement de chacun vis-à-vis de moi. Je gardais toujours mes distances, méfiant envers chaque être vivant, puisque chaque être vivant pouvait être un danger.

Au détour du tipi de Plume de Phoenix, le chien de Cœur Sauvage bondit devant moi, poursuivant sa course folle contre un insecte qui le rendait fou. Je me cabrai, à la fois effrayé et furieux. Je ne m'étais pas attendu à ce qu'il me passe sous le nez ! Mon hennissement attira les regards de quelques humains, et mon Petit Sauveur quitta son abri pour me rejoindre, avant que je ne cause des dégâts.

- Hey Atcharyam ! Calme-toi, c'est moi ! Tout va bien !


Reposant mes antérieurs au sol sans pour autant changer la position de mes oreilles rabattues sur mon encolure, je m'éloignai en trottant, me rendant à la rivière pour me désaltérer. Mon indien réprimandait son camarade avec lequel il ne s'entendait pas, lui reprochant de ne pas savoir tenir son chien. Je ne les écoutais pas, puisque leur dispute était inintéressante. Ces deux là se prenaient souvent la tête, et je n'aimais pas les éclats de voix, ils me froissaient les tympans. J'avais besoin d'être seul, et isolé de tout ce bruit, grand adepte du silence que j'étais.

Relevant la tête pour admirer un instant le flot de la rivière s'écouler, je fis demi-tour et me postai près de l'enclos. Il n'y avait aucun cheval dans ce dernier, aussi, j'étais parfaitement à l'écart du reste du camp. Cela me permettait également de jeter un œil aux alentours, pour éventuellement surprendre un assaut ennemi, ou un cheval qui tenterait de s'infiltrer par ici. Je n'aimais pas les étrangers. On pouvait même dire que je tenais à ma tranquillité !

Malheureusement, même si j'aimais la sérénité, la vie n'était pas toujours aussi paisible que je l'aurais voulu. Le léger vent qui faisait danser les herbes hautes, l'eau qui s'écoulait insensiblement d'un coin à un autre de cette nature harmonieuse... Voilà un spectacle dont je ne pourrais pas profiter longtemps, puisque instinctivement, je posai les yeux sur une silhouette équine qui descendait en notre direction.

Renâclant, je jetai un bref regard en arrière, quêtant la réaction des indiens. Mais ils ne l'avaient même pas vue. J'observai, le regard plissé dans une expression de mécontentement, ce cheval qui approchait. J'étais attentif, percevant le moindre son, le moindre geste. Je jetai une fois de plus ma tête en arrière, observant les humains, et pour finir, voyant qu'ils ne bronchaient pas, je me mis en marche, comptant bien intercepter l'imprudente monture qui osait s'approcher aussi imprudemment du camp.

Peut-être venaient du fort en éclaireur. Peut-être devaient-ils se faire passer pour des indiens ou autre chose, et qu'ils allaient ensuite informer les cow-boys des faiblesses du camp pour qu'ils puissent en profiter et prendre d'assaut notre territoire. Le territoire où vivait Plume de Phoenix. Je ne pouvais pas les laisser faire ça, et j'étais déterminé à ne jamais les laisser faire sans me battre. Je lutterai jusqu'au bout.

J'approchai, d'apparence sûr de moi. Je dégageais toute l'assurance possible, parce que je me montrais fier. Au fond, je gardais les sens éveillés, l’œil en alerte. D'autres bipèdes les suivaient peut-être de loin. Tout était possible, alors je devais tout envisager, et protéger ceux qui m'avaient recueillis et avaient accepté que je reste auprès d'eux. La vie de Plume de Phoenix en dépendait. Je ne voulais pas qu'on puisse le faire prisonnier.  

Lorsque je vis de plus près son cavalier, je m'arrêtai net, campant fermement sur mes quatre sabots, tout en toisant méchamment le duo qui me faisait face. J'étais suffisamment éloigné pour que cet humain ne tente rien, mais assez proche pour être intimidant. Je me tenais droit, la tête haute et l'air hautain. D'une voix rauque, je pris la parole :

- J'ignore qui vous êtes et d'où vous venez, mais vous n'irez pas plus loin.





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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Sam 27 Mai - 19:51


Là où coule la rivière

feat Atcharyam

Asrae dresse soudain la tête.
"J'ignore qui vous êtes et d'où vous venez, mais vous n'irez pas plus loin."
C'est le cheval qu'elle a déjà aperçu, la silhouette près de l'enclos.
Elle s'immobilise, et le détaille d'un œil rapide.
Ce qui la frappe d'abord, c'est sa cicatrice autour de son œil borgne. De peur de s'y attarder trop, elle détourne vite le regard. Il a une robe sombre, d'un bai brun aurait-elle dit d'ordinaire, mais cela ne va pas avec l'alezan un peu rouge de ses membres; bai cerise brun le définit mieux. Il possède également une pelote en marque en tête, ainsi qu'une goutte blanche sur le bout du museau.
Une plume piquée dans ses crins et un oiseau de feu peint sur sa croupe prouve son appartenance indienne.
Il respire l'agressivité.
Elle réfléchit un instant à faire un pas en arrière, mais l'étalon pourrait prendre ça comme de la faiblesse, et ce n'est pas la chose à faire.
En tout cas, elle s'efforce de se tasser - "Regarde comme je suis petite, je ne représente pas la moindre menace" - et de se détendre, difficilement, avec la menace qu'il représente.
Pas faible, mais pas un danger non plus.
"Bonjour.", le salue t-elle d'un ton prudent, "Mon nom est Asrae. Je suis une solitaire."
Elle est curieuse, mais pas idiote.
Il parait un peu paranoïaque, et lui demander ne serait-ce que son nom pourrait renforcer son attitude crispée.
Mais donner des informations donne souvent l'impression de maîtriser la situation, et pourrait peut-être le détendre, ou du moins, baisser la tension nerveuse qui parcourt ses muscles.
"J'ai transporté mon humain jusqu'ici à sa demande. J'ignore la raison de ce voyage."
Humain, qui, d'ailleurs, est resté bien calme.
Inclinant la tête, elle l'observe un instant. Lui aussi est crispé. Mais de peur.
Ne fais rien de stupide, je t'en prie, implore t-elle silencieusement.
Un rien pourrait déclencher l'attaque de cet idiot d'étalon.
Elle s'efforce de ne pas trahir sa nervosité.
Au loin, au camp indien, retentit des rires d'enfants.
Ça lui parait tellement décalé avec sa situation qu'elle manque de sourire d'amusement. Ses lèvres frémissent, mais ne bougent pas. Oui, pas idiote, qu'elle disait.

Les indiens... Peut-être pourraient ils la sortir de sa situation ?
Il est forcement lié à un humain, au vu de sa croupe si joliment décorée.
Elle regarde avec intérêt en direction du camp.

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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Mer 31 Mai - 19:14



Monster, monster, I've turned into a monster.



Hum, à ce que je vois, mon intervention l'avait légèrement déstabilisée. Je plantai mon regard anormalement vairon dans ses yeux, qui me détaillaient. Lorsque ses prunelles soutinrent les miennes, mon expression faciale se fronça. Je détestais que l'on regarde mon œil crevé par ce jeune puma, et je comptais bien le lui faire savoir. Je grondai :


- Je peux savoir ce que vous regardez ?



Même si son coup d’œil fut bref à cet endroit, il m'agaça. Je la vis noter consciencieusement mes caractéristiques indiennes, trouvant le temps considérablement long. Contrairement à moi, elle avait une robe aubère un peu quelconque, dont le dégradé s'achevait par une belle couleur blanche. Je devinais bien qu'elle n'avait pas l'air méchant, mais préférais tout de même rester prudent. Elle avait un humain sur le dos, mais aucun des deux ne semblait pas porter le marquage cow-boy dont on m'avait tant parlé. Peut-être était-elle une espionne, et que les espions ne se trahissaient pas aussi bêtement...  

Elle tenta de me montrer symboliquement qu'elle ne représentait aucun danger, en se faisant un peu plus petite, ce que je relevai avec une pointe de fierté, sans perdre de mon agacement. Je restais impassible, le visage fermé, l'air hautain. Elle se présenta, et j'accueillis ces mots par un hochement de tête grave. J'entrepris de lui demander la raison de sa venue, mais elle me devança en m'expliquant que c'était son indien qui l'avait amenée ici, sans qu'elle sache pourquoi. Plutôt étrange comme explication. Je redoublai de prudence.


- Eh bien tant que vous ne le saurez pas, et que vous ne serez pas capable de me le dire, vous ne ferez pas un pas de plus en direction de notre camp., affirmai-je.



J'appuyai ces mots d'un coup de sabot ferme sur le sol, tout en me redressant davantage pour la dominer par ma stature. Je n'oubliais pas de lancer des coups d'oeil tantôt inquiets, tantôt agressifs au bipède qui l'accompagnait, le conseillant intérieurement de ne rien tenter qu'il puisse regretter.

Les autres chevaux du campement finiraient peut-être par voir que je tentais d'éloigner des intrus... Ils en mettaient, du temps, à s'en rendre compte ! Nous aurions pu nous faire assaillir près de cinq ou six fois déjà ! Pourtant, à ma grande surprise, ce ne fut pas un équidé que j'entendis, mais Aube de Lune, le père de Plume de Phoenix :


- Fils ! Je crois que ton cheval fait connaissance avec des étrangers !



Mon Petit Sauveur dégagea la tête de son tipi, avec une expression ensommeillée sur le visage. Bien sûr, tout ça, nous ne pouvions pas le voir puisque nous étions bien trop loin. Nous entendions juste les timbres de voix lointaines qui faisaient pivoter nos oreilles en leur direction. Je ne me laissais pas perturber par cette nouvelle agitation, fixant toujours la jument qui me faisait face. Je ne devais pas baisser ma garde. Certains chevaux sont aussi dangereux que des pumas, et cela faisait échos à mon œil perdu.

Voyant la situation, et comprenant que son étalon n'était pas très avenant, Plume de Phoenix s'empressa d'enfiler ses mocassins et sa tunique, avant de nous rejoindre en courant. Il se posa vers mon épaule, posant sa main sur celle-ci qui tressailli sous son contact dans le but de me calmer, puis il salua l'autre humain qui semblait perplexe face à ma réaction. Après s'être assuré que je ne broncherais pas plus que je ne l'avais déjà fait, il s'empressa de demander :


- Mon cheval ne vous a pas causé d'ennuis ?



Trop poli, mon petit... Bien trop poli. Je soufflai, encore plus énervé maintenant que mon petit camarade s'exposait de lui-même au danger. Son père regardait attentivement la scène d'un peu plus bas, son harpon à la main au cas où la situation dégénérerait. Mais celui qui réagirait le plus vite en ce cas, ce serait moi.


- Que venez-vous faire près de notre camp ?, s'enquit mon indien.



Ah, la question que nous nous posions tous ! Pourquoi être venu ? Pour faire des prisonniers ? Pour capturer nos chevaux ? Il était temps d'être curieux Plume de Phoenix, et surtout d'apprendre à être davantage méfiant envers les inconnus...

Comme il ne suivait pas mes conseils puisqu'il ne les entendait pas, il me fit reculer de quelques pas. Je fronçai les sourcils, toujours mécontent, et soufflai à la jument :


- Prenez garde, je vous ai à l’œil. Et j'ai tendance à mordre.



Au moins là, elle était prévenue.




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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Sam 3 Juin - 14:19


Là où coule la rivière

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L'étalon continuait dans sa lancée d'idiot agressif.
Il n'avait pas remué un muscle, pas fait même mine de se détendre, se contentant de la fixer d'un regard froid, son agressivité emplissant l'air entre eux comme des orages dans un ciel sec.
Sa nervosité laissa brièvement la place à de l'agacement face à son comportement, et sa queue fouetta l'air.
Même face à l'explication de sa présence ici, il n'avait que eut l'air plus contrarié.
Ne s'était-il jamais fait monté sans avoir le choix de la direction ? Ne connaissait-il pas les humains ?
Peut-être s'était elle trompée, en fin de compte. Mais comment expliquer la plume et la peinture ?
Il la distraie de ses pensées en déclarant:
"Eh bien tant que vous ne le saurez pas, et que vous ne serez pas capable de me le dire, vous ne ferez pas un pas de plus en direction de notre camp."
Il envoie un coup de sabot dans le sol, comme pour bien lui montrer de quelle manière il compte l'en empêcher.
D'un mouvement brusque, sa queue trahit son agacement en allant siffler dans l'air.
Eh, coco, comment veut tu que je le sache ? C'est pas comme si je parlais l'humain., songe t-elle amèrement.

Et d'ailleurs, sous les regard réguliers de l'étalon, Neloe ne bouge toujours pas.
Une bonne nouvelle de prise, c'est déjà ça.
Mais que font les autres humains ?
Comme pour répondre à sa question, une voix fuse en bordure du campement, venue d'un humain qui a le regard fixé sur le bai.
"Fils ! Je crois que ton cheval fait connaissance avec des étrangers !"
Donc il possède bien un humain. Son ignorance de leurs comportements est étrange...

Sans doute en réponse au cri, un humain se presse alors jusqu'à eux. Asrae croit deviner que c'est celui de l'étalon, car il pose la main sur son épaule en un geste d'apaisement, avant de se tourner vers la jument et son monteur.
"Mon cheval ne vous a pas causé d'ennuis ?"
Neloe secoue la tête avec raideur, et tente de plaisanter avec un sourire crispé:
"En tout cas, c'est un bon gardien. Et je crains qu'il ne nous ait effrayé tout les deux."
Asrae fouette de nouveau l'air de sa queue.
Effrayée ? Non. Nerveuse, face à ce mâle shooté aux testostérones et paranoïaque.
Mais son agacement ne l'aveugle pas, et elle observe la tension de l'étalon qui monte dès que son humain s'avance vers eux.
Est-ce qu'il est possessif ? Agacé car il n'aura plus l'occasion de déclencher une bataille ? Ou a t-il peur de la menace qu'ils représentent ?

"Que venez-vous faire près de notre camp ?", s'enquit l'indien.
Curieuse de la réponse, surtout de ce qu'il avait annoncé comme important ce matin là, Asrae penche la tête de façon à pouvoir observer à tout loisir son cavalier.
Et, effectivement, le spectacle vaut le détour.
Il rougit, commence à bafouiller, pour finir par annoncer:
"Et bien..., en fait..., hum..., je voudrais..., j'aurais besoin..."
Semblant se rendre compte du ridicule de son comportement, il aspire une grande goulée d'air et annonce: "Je suis venu pour le camp, en fait."
Il laisse passer un petit silence, puis ajoute: "J'aurais besoin d'aide... Avec Asrae."
Et bien là ! On peut dire qu'elle est scotchée.
Besoin d'aide ? Avec elle ?
Elle en manque presque sa dernière phrase, quasiment chuchotée: "Ce n'est pas elle le problème, voyez. C'est moi. J'ai l'impression... De faire n'importe quoi."
Il rougit encore. Semble très gêné de s'être laissé à faire cette confidence. Se racle la gorge.
"Enfin bref. Voilà donc la raison de ma venue. Croyez vous que quelqu'un pourrait m'aider ? Qu'une aide serait possible ? Je ne veux pas déranger..."

Alors là, pour une surprise, c'est une surprise !
Elle laisse tomber sa tête, quittant l'observation de son cavalier, et jette un coup d’œil vers l'autre cheval.
A un moment donné, il avait reculé sans qu'elle ne l'ait remarqué.
Elle laisse échapper un souffle d'air, prisonnier sans qu'elle n'en ait pris conscience.
L'espace qu'il a libéré lui donne l'impression de sortir d'une cage, et elle commence à se détendre.
Mais l'étalon ne l'entend pas de cette oreille, et il lui siffle un avertissement:
"Prenez garde, je vous ai à l’œil. Et j'ai tendance à mordre."
Encore ahurie, elle ne répond rien, puis se reprend et songe avec colère Je n'aime pas blesser, mais ça ne veut pas dire que je suis une petite chose sans défense. Lui aussi pourrait bien tâter de mes dents. Et de sa queue griffer encore l'air, témoignage de sa colère.

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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Sam 22 Juil - 21:30



Quand le vrai transparaît...



Plume de Phoenix était gêné, comme toujours face aux inconnus. Il voulait faire bonne figure et à l'image des indiens en général, sa démarche était pacifique. Il esquissait une ébauche de sourire légèrement embarrassé, et reposa avec attention ses grands yeux verts sur l'homme qui lui faisait face lorsque celui-ci lui répondit que je les avais effrayé. Je me redressai fièrement : mission accomplie !


- Oh, Atcharyam est un étalon très protecteur... Mais il n'est pas méchant, vous savez. Il n'a jamais attaqué en premier.



Mon Petit Sauveur écouta attentivement la raison de leur venue, patient face à l'attitude désarmée de l'homme qui lui faisait face. Cherchait-il une excuse ? Je le regardais avec les yeux plissés, toujours aussi méfiant.

Enfin, l'autre bipède lui avoua qu'il avait besoin d'aide. Je fus tout aussi surpris que semblait l'être sa jument. Je l'avais rabroué alors qu'ils venaient chercher du secours ? Pourquoi voulaient-ils qu'on leur porte assistance ? Est-ce qu'il y avait un autre campement indien quelque part, en train d'être attaqué ? Un autre indien comme mon Plume de Phoenix en proie aux flammes ou, pire encore, aux cow-boy ?

Je secouai la tête lorsqu'il ajouta qu'il avait juste l'impression de faire n'importe quoi. Pas tellement en fait. Il n'avait pas brusqué sa jument pour la faire avancer alors que je leur faisais barrage, et ne semblait pas être de ces fous furieux qui talonnent leur monture jusqu'à ce qu'elles en saignent. Alors je ne comprenais pas. Serait-ce là leur prétexte ? Une ruse ?


- Oh... ,souffla mon petit homme.



Il baissa un instant la tête, songeur. Moi, je ne quittais pas de mon regard éborgné les individus qui nous faisaient face, et je ne savais plus comment je devais les percevoir.

Plume de Phoenix lança un regard vers le camp durant quelques secondes pour réfléchir, puis tourna à nouveau la tête vers celui qui allait bientôt être son nouvel ami, j'en étais sûr. Enfin, s'il on partait du principe qu'il n'en voulait pas à leur attroupement.

C'était très dur de ne pas être l'ami de mon Petit Sauveur. Il était si insouciant et mâture à la fois, si rêveur et terre-à-terre... Si contradictoire en fait, qu'on se retrouvait forcément en lui à un moment donné.

La situation fut drôle de se dire qu'un garçonnet d'une dizaine d'années, tout juste adolescent, allait peut-être conseiller un jeune adulte. Mais je n'étais plus d'humeur à rire depuis bien longtemps.


- Eh bien, reprit Plume de Phoenix, suivez-moi au camp dans ce cas ! Vous nous direz ce qui vous donne cette impression quand nous y serons. Je crois qu'il nous reste du bœuf séché, vous y avez déjà goûté ? Et ne vous en faites pas pour le dérangement, nous aimons bien recevoir de la visite, tant que ce n'est pas celle des cow-boy.  



Mon indien leur tourna le dos pour aller vers les tipis, mais j'hésitais à les laisser le suivre. Lorsqu'il surpris mon attitude toujours aussi défensive, il flatta mon encolure avec la paume de sa petite main et souffla :


- Allons mon grand. Ce ne sont pas des ennemis, tu vois bien ? Ce sont nos invités.



Mouais. Je soufflais bruyamment, histoire de faire comprendre que je n'étais pas tout à fait convaincu. Mais je suivis mon humain, me plaçant au même niveau que la jument tout en laissant une bonne distance entre nous.

Le silence régnait et si, entre les deux humains, l'atmosphère était cordiale, entre leurs chevaux elle était plus nerveuse. Je boudais dans mon coin, conformément à mon caractère de solitaire endurci, et lançais un regard vers le campement histoire de donner le tour à mon ennui et à mes mauvaises pensées.

Les enfants jouaient. On pouvait les voir courir et les entendre pousser des exclamations de joie. Les chiens courraient à leur suite, ou dormaient dans les ombres faites par les toiles de tipis. Quelques signaux de fumée partaient ça et là dans le ciel, au centre du campement, et si l'on étendait des peaux de bêtes à l'air frais dans un endroit, on brûlait de la viande dans un autre. Le camp indien débordait de vie où qu'on pose les yeux, et c'est l'expression tranquille que je poursuivis ma marche vers ma maison.

Après quelques minutes pénibles durant lesquelles je me concentrais toujours sur le quotidien de ces bipèdes que j'adorais, je pris conscience que le silence était pesant entre nous. Les humains parlaient, mais je ne savais pas de quoi, et j'étais presque sûr maintenant qu'ils ne représentaient plus aucun danger. Et puis il y avait cette voix qui me disait qu'un gentleman ne laissait pas une dame dans son silence. Je ne voulais pas forcément donner bonne impression, mais il fallait reconnaître que je n'avais pas été des plus accueillants.

Je me raclai la gorge, saisissant mon courage à deux sabots, et faisant entendre ma voix rauque qui n'avait pas l'habitude de beaucoup parler pour lui adresser la parole, tout en la regardant furtivement du coin de l’œil en redoutant sa réaction :


- Hum Hum... Je... Je vous ferai visiter le camp... Si vous voulez... Vous allez voir c'est... C'est vraiment un coin très sympa.



Bon, à la base je voulais m'excuser pour mon attitude, mais c'était trop demandé pour l'instant. On avisera, et on attendra surtout...






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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Mar 25 Juil - 12:31


Là où coule la rivière

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Et l'étalon qui se redressait fièrement lorsque Neloe avoua qu'il lui avait fait peur - de quoi énerver encore plus Asrae.
Elle n'était plus vraiment en état de chercher à comprendre sa réaction, et encore moins d'écouter le bavardage des humains.
Pourtant, sa surprise suite à l'annonce de Neloe la déstabilisa assez pour écouter l'indien qui était venu à leur rencontre.
Ainsi donc, il les invitait au Camp ?
Voilà qui ne plairait pas à l'étalon, la jument rouge en était sûre.
Effectivement, celui-ci, toujours sur la défensive, ne leur céda le passage qu'après quelques paroles rassurantes de son humain.
D'un coup de rênes sur le mors - elle protesta contre ce coup douloureux en couchant légèrement les oreilles -, Neloe empêcha sa jument de suivre le mouvement et mis pieds à terre.
Il pris ensuite une rêne qui pendait le long de son encolure, et hâta son pas pour rattraper le jeune indien qui marchait vers les tipis. Les deux entamèrent une conversation, à base de viande séchée, d'après les quelques morceaux qu'elle écouta.
De son côté, Asrae marchait à bonne distance du bai, toujours tendue, toujours en colère - elle le croyait assez attaché à son indien pour lui obéir, mais sait-on jamais - tout en espérant être désellée le plus rapidement possible.
Elle avait parcouru une bonne distance, et se sentait plutôt lasse de ce long trajet qui pesait sur ses jambes - même sa colère s'évanouie peu à peu face à sa fatigue.
C'est alors que le mâle la surpris - elle n'attendait plus rien de lui - en lui disant, d'un ton gêné:
"Hum Hum... Je... Je vous ferai visiter le camp... Si vous voulez... Vous allez voir c'est... C'est vraiment un coin très sympa."

Voilà autre chose., pensa t-elle en grommelant. Il m'énerve depuis que j'ai posé les sabots par ici, et tout à coup, il décide qu'après tout ça pourrait être sympa de me faire visiter ?
Et pourtant, elle ne pouvait pas refuser son premier geste amical depuis le début.
"Vraiment ?", lâcha t-elle d'un ton neutre, néanmoins sur le qui-vive. "Et bien, pourquoi pas."

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Atcharyam

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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Ven 28 Juil - 18:45



Home Sweet Home



Je voyais bien qu'elle restait tendue. Je ne cessais de me demander pourquoi je lui avais parlé dans ce cas, alors que dans n'importe quelle autre situation similaire, je me serais abstenu. Mais il était trop tard pour revenir en arrière, il ne restait toujours qu'à aller de l'avant. Ce que nous faisions en approchant du campement.

Je guettais d'un œil avertis l'attitude de l'indien répondant au nom de Neloe, puisqu'il était bien près de Plume de Phoenix, mais tous deux parlaient de bœuf séché et d'autres nourriture horrifique que je n'aurai jamais le privilège de goûter. Je commençais à me détendre gentiment, et à peut-être admettre l'hypothèse que ces deux individus ne nous voulaient pas de mal. Enfin, c'était possible qu'ils ne nous en veuillent pas...

La jument me répondit sur un ton sans émotion. L'indifférence, quand tu nous tiens... Il faut dire que je comprenais sa réaction. Après celle que j'avais eue, comment aurait-elle pu témoigner d'autre chose que de... Colère ? Fatigue ? Je ne le savais même pas finalement.

Décidant que je devais tout de même entretenir le peu de conversation qui siégeait entre nous, puisque je l'avais démarrée, je poursuivis :



- Si ça ne vous intéresse pas, c'est aussi votre choix.



Trop sec, Atcharyam. Bien trop sec. On dirait presque que tu lui reproches son attitude quand tu ne peux même pas te vanter de la tienne ! Je n'étais pas doué socialement. Mes maladresses ne m'étonnaient guère en fin de compte. Je n'avais jamais été de ceux qui se débrouillent avec n'importe lequel de leur congénère, en sachant toujours quoi dire et quoi faire. Moi j'étais asocial, dans mon coin, boudeur et méfiant. Voilà.



- Je veux dire... Je ne sais pas moi. J'vous connais pas. Vous venez peut-être de loin. Si ça se trouve vous êtes fatiguée.



C'est quoi ça ? Non mais sérieusement Atcha... Tu te prends pour Messire Gentleman perdu chez les indiens ou quoi ? Tu nous joues un drôle de numéro... Depuis quand tu te montres attentionné envers quelqu'un que tu ne connais pas ?

Ouais bon, c'était pour mieux m'excuser plus tard aussi. C'est déjà pas facile pour moi de dire bonjour, ou d'ouvrir les lèvres dès que quelqu'un me parle et que je sais que je devrai répondre, alors m'excuser... C'est pas chose facile. Et si je n'entretenais pas la conversation, je savais que je n'oserais jamais.

Et puis, cette hypothèse me fit prendre conscience que si cette jument avait fait de la route, se faire accueillir d'aussi mauvaise façon ne pouvait que lui déplaire. Non sincèrement... Si j'avais voyagé sur plusieurs paysages avec un bipède lourd et son équipement qui vous fait transpirer perchés sur le dos... Arrivé à une destination que je n'aurais pas choisie, et qu'on me reçoive d'une manière aussi austère... Je ne l'aurais pas accepté. En fait, j'aurais même pu devenir agressif aussi. Et je vous le donne dans le mille : ça se serait terminé en bagarre.

Nous entrâmes dans le camp, et je quêtais la présence des sioux qui risquaient fort probablement de venir nous courir dans les pattes. Les oreilles pliées sur les côtés dans une attitude prudente dans le but d'anticiper les obstacles, j'avançais toujours à la suite de Plume de Phoenix, qui expliquait à Neloe telle chose, et tel truc sur les indiens et sur leur quotidien. Il adorait apprendre ce petit là, et il était décidément bien plus doué que moi dans les interactions avec l'Autre !

Je regardais du coin de mon œil voyant les réactions de la jument. Comment vivait-elle cette arrivée dans mon environnement ? Est-ce qu'elle connaissait le camp avant d'être venue ? Et même, tiens... Était-elle déjà venue ?






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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Dim 30 Juil - 19:40


Là où coule la rivière

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L'étalon, face à sa réponse, répondis d'un ton sec:
"Si ça ne vous intéresse pas, c'est aussi votre choix."
Sa première impulsion fut de nier complètement son accusation... Car c'en était une, n'est-ce pas ? Il l'accusais de... ne pas montrer un enthousiasme débordant face à sa première réponse à peu près potable ?
Le pire était qu'il réussissait à la faire se sentir coupable.
Puis il ajouta, la déchargeant d'avoir à répondre quelque chose de poli à sa première parole:
"Je veux dire... Je ne sais pas moi. J'vous connais pas. Vous venez peut-être de loin. Si ça se trouve vous êtes fatiguée."
Wow, ta première réponse censée. songea t-elle avec ironie.
La jument rouge déclara:
"Et bien, oui. Nous sommes partis ce matin."
Elle jeta un regard vers le ciel: le soleil descendait, rougeoyant, et signait la fin de la journée.

Ils dépassèrent les premiers tipis, et Asrae songea avec tristesse que la dernière fois qu'elle s'était rendue ici, c'était avec son premier humain, celui qui lui avait donné son nom, alors qu'elle voyageait avec les nomades. Des souvenirs lourds qui pesaient sur ses épaules.
Ils s'arrêtèrent alors devant un tipi, et Neloe commença à lui enlever ses diverses affaires.
Elle poussa un soupir de soulagement lorsque la selle quitta son dos. Son dos, libre désormais, exposait ses poils trempés de sueur et chauds de l'effort fournis à la fraîcheur de cette fin d'après midi. Puis son humain enleva son filet, lui laissant son licol, murmurant avec une caresse que sans on pourrait la prendre pour un cheval sauvage.
Elle mâchouilla un peu dans le vide en savourant la perte de la barre en fer, puis s'éloigna de quelques pas jusqu'à trouver un bon sol.
Avec un nouveau soupir, la jument plia les genoux de ses antérieurs, ses postérieurs, puis se roula longuement dans la terre.
Enfin, elle se releva et s'ébroua dans un grand nuage de poussière, avant de s'éloigner doucement pour manger, et sans doute s’écrouler de fatigue.
Mais un dernier élan la contraignit à se retourner pour s'adresser à... Quel nom lui avait donné l'indien, déjà ? Atcharyam, c'est ça. Mais elle se retrouva muette, sans savoir quoi dire. Elle se rabattit sur un compliment creux:
"Vous faites un bon gardien."
Elle appuya ses paroles d'un signe de tête fatigué, puis fit encore une fois volte face.

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Dernière édition par Asrae le Dim 20 Aoû - 15:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Ven 18 Aoû - 13:38



Un Sacré Gardien



La jument me confirma qu'ils étaient fatigués car partis ce matin, et franchement, si je ressentais un peu de culpabilité après l'avoir aussi mal accueillie, elle s'envola bien vite. Je n'étais décidément pas doué pour éprouver de la compassion pour les autres, quand les autres m'étaient inconnus, et au fur et à mesure que nous entrions dans le camp, le silence se fit entre nous. Un silence qui aurait mis mal à l'aise n'importe qui, mais qui ne me dérangeait pas.

Je tournai le regard vers la jument, après l'avoir presque oubliée. Elle semblait bien songeuse, et si ma curiosité naturelle aurait voulu que je lui demande le fruit de ses pensées, mon côté sauvage et méfiant se garda bien de laisser cette particularité propre à ma personnalité éclater au grand jour. Qu'elle reste dans son coin, et je resterais dans le mien.

Elle était sur mon territoire, et je n'aimais pas le fait d'avoir à recevoir des « invités » de la sorte. Leur faire visiter mon univers, mon monde. C'était surtout ça qui m'embarrassait. C'était comme si elle et son humain rentraient dans mon intimité, qu'ils en fouillaient chaque recoin, et allaient repartir avec tous mes secrets dans une boîte. Je n'aimais pas le sentiment que ça me faisait ressentir. Presque de la honte, dissimulée en rancune. En colère. C'était une intrusion dans mon espace.

Je renâclai, soufflant aussi fort que je le pus par mes naseaux. Voilà qui trahissait bien l'amertume qui me prenait. Elle ne devait pas y prêter attention puisque son humain s'affairait à la débarrasser de son équipement. La pauvre devait avoir chaud, bien fait. Il ne fallait pas laisser un bipède vous monter dessus. Mais ils faisaient tous ça, les chevaux d'aujourd'hui. Ils se laissaient monter et ensuite venaient se plaindre...

Je la regardai d'un œil alerte se rouler par terre, comme si elle était arrivée chez elle. Pour qui se prenait-elle d'ailleurs ? Puis, alors que je surpris un mouvement de sa part qui visait à l'éloigner de moi, pour mon plus grand bonheur et en même temps ma plus grande prudence, elle s'évertua à rester pour ouvrir la bouche et me complimenter sur ma capacité de gardiennage.

Je hochai la tête et gardai le silence un instant, puis finalement, même si c'était dur, je décidai de faire à nouveau entendre ma voix rauque de ne pas beaucoup parler, pour formuler un peu de politesse...


- Merci. Mais je doute que j'en fasse un aussi bon puisque vous êtes ici.
 


Voilà qui était clair. Pour moi, garder mes terres, c'était avant tout les priver de toute intrusion extérieure. C'était comme avec mon cœur : il fallait que ce soit fermé, et que ça le reste. Parce qu'après tout, on ne sait jamais vraiment ce que les individus peuvent venir y faire, et parfois, c'est quand on croit les connaître qu'ils viennent pour tout ravager.


HRP:
 









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MessageSujet: Re: "Là où coule la rivière" Ft. Atcharyam   Hier à 12:05


Là où coule la rivière

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Elle avait vraiment trop envie de dormir pour s'occuper de répondre à l'étalon - quel idiot territorial celui là, la jument rouge n'en démordrait pas. Et il était vraiment trop étrange.
Après l'avoir accueillie comme si elle représentait une force de démolition à elle seule, il s'était un peu dégelé - et ils auraient presque pu s'entendre s'il ne l'avait pas autant énervée auparavant -, pour ressortir des imbécillités comme celle-ci au final. Humpf.

Tirant encore un peu sur ses jambes lourdes, elle avança encore jusqu'à arriver à l'ombre des arbres, où, avec un dernier soupir, elle laissa retomber sa tête. Elle s'interrogea vaguement sur combien de temps Neloe comptait restait là, puis si elle s'y plairait, avant d'abandonner ses questions et de s'endormir profondément.
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