« On dit que la légende de l'Ouest fut écrite sur la selle d'un cheval. Mais aucun cheval ne l'avait contée avec son cœur... Jusqu'à ce jour... »
 
Nous recherchons actuellement unes équipe de rédaction pour le journal. Si vous êtes intéressé(e), envoyez un message privé à Atlas.
Le concours du printemps est achevé ! N'oubliez pas de votez pour votre texte favori !
Nous avons un serveur Discord ! Rejoignez-nous ici : https://discord.gg/pUVnhY7

Partagez | 
 

 « Et sur ses épaules pesait le poids de l'univers... » || Atlas, prince déchu.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Atlas
Inclinez-vous devant votre
Inclinez-vous devant votre
avatar

Messages : 258
Points d'XP : 218
Date d'inscription : 23/12/2016
Age : 16

MessageSujet: « Et sur ses épaules pesait le poids de l'univers... » || Atlas, prince déchu.   Dim 29 Jan - 21:00



Atlas

« Et sur ses épaules pesait le poids de l'univers... »

.


Carte d'identité


Nom : Atlas.
Autres noms : Storm Miracle - le Guerrier.
Âge : sept ou huit printemps...
Origine : Ecosse.
Famille : décédée.
Sexe : mâle.
Race : clydesdale.
Robe : pie bai brun sooty splashed white overo minimal.
Groupe : troupeau d'Atlas.
Grade : dominant.

.


Physique


Atlas est grand. Puissant. Il le faut bien, quand on porte toutes les douleurs de ce monde sur son dos. S'il est l'un des plus grands équidés, voir même l'une des plus grandes créatures mouvantes du Cimarron, et même des contrées alentours, c'est grâce à sa race. Un clydesdale. Un trait. Fait pour tirer des chariots, des charrues, fait pour être un cheval de bât. Mais qui oserait comparer le fier Atlas à ces frères de race qui sans cesse tirent, et s'acharnent dans la sueur ? Atlas est grand, imposant, mais... Différent. Il n'a pas l'air d'un vulgaire trait. Voyez cette montagne de muscles frémissants, nerveux, voyez ce corps altier et fougueux qui se dresse et qui menace. Atlas est plus dynamique, plus impétueux que la plupart des clydesdales. Il dégage une puissance et une énergie infinies, qui dissuadent quiconque de se trouver sur son passage. Il est de type plus léger que grand nombre de ses frères de race, pourtant, et est par là plus agile et plus vif également. On s'étonne d'ailleurs souvent de sa vélocité et de sa souplesse. Il est étonnamment rapide, Atlas, mais plus encore, il est endurant. Jamais on ne verra de cheval si endurant dans tout le Cimarron, capable de galoper si vivement pendant une telle distance, et ce qu'importe le terrain.
Quand à ses crins, ils sont plutôt longs, lisses et souples. A cela s'ajoutent ses épais fanons, qui ajoutent une nouvelle touche de force à ses membres solides, et qui virevoltent autour de ses sabots, semblables à des flammes, lorsqu'il va au trot, au galop, parcourant ses terres de ses allures fières, la tête haute, la queue en panache, montrant à tous qu'ici, c'est lui le roi.

Il est beau, Atlas. Nul ne peut le nier. Il est magnifique, même. Et bien des juments aimeraient devenir sa compagne. En plus de sa silhouette toute en muscles, solide et athlétique, il arbore une robe élégante et superbe. Elle souligne sa force, et lui donne un côté irrésistiblement splendide. Il est bai. Mais pas un bai banal, fade et simple. Non, sa robe semble... Enflammée. Comme une flamme ardente dans la nuit. Tirant sur les roux dans certaines zones, sombres dans d'autres.
Atlas est pie bai brun sooty splashed white overo minimal. Bai brun tout d'abord, parce que ses crins et le bas de ses membres, du sabot au dessus du genoux, sont d'un noir ébène, plus parfait, plus sombre, plus intense et plus envoûtant que l'aile d'un corbeau, et que le reste de son corps arbore une teinte brune, dans toutes ses variantes, bien le sombre domine, notamment sur le haut de son corps. Bai brun, parce que son bout du nez, et tout le dessous de son corps, de la tête jusqu'aux fesses, est d'un brun plus clair que le reste de son corps, et tire plus vers les roux.
Sooty également, parce qu'on peut nettement voir, sur ses flancs surtout, mais aussi sur ses cuisses, et plus légèrement sur ses épaules et son encolure, des pommelures.
Et enfin, pie splashed white overo minimal. On le voit facilement à la tâche qui se trouve sur son ventre. De profil, on la voit sur toute la moitié antérieur du ventre. Elle ne remonte pas très haut cependant.

Atlas possède aussi des balzanes. Tous ses membres sont balzan. Aux antérieurs, elles débordent à peine sur le boulet. Au postérieurs, elles sont un peu plus hautes, montant jusqu'à mi-boulet. Sur sa tête brune sombre, Atlas est décoré d'une marque-en-tête en forme de goutte inversée, dont la pointe descend en une fine liste jusqu'à la moitié du chanfrein, et d'une ladre qui prend la hauteur de ses naseaux, et ressemble à un mince ovale dont les pointes s'affinent jusqu'à disparaître.
J'achèverai cette description physique par ses yeux. Ils sont vairons, déconcertants. L'un est d'un ambre intense, ardent, qui embrase et réduit en cendre tous ceux qui le croisent. L'autre est d'un bleu glacé, pâle, si bien que certains le croient parfois aveugle. Et cet oeil, au contraire de sa paire, vous glace, vous évoque toute la tristesse et la monotonie d'un froid hiver...

.


Caractère


Atlas... C'est tout d'abord un chef. Un chef de troupeau. C'est donc par là que je vais commencer. Atlas, on le craint. On le redoute. On s'écarte sur son passage et on se sent impuissant. Car Atlas, ce n'est pas le bon petit ange gardien, le gentil étalon tout rose qui veille sur son troupeau comme si chacun de ses membre était le plus précieux de ses fils, et qui reste désespérément attaché, lié, menotté à ce harem pour qui il mourrait. Oh non, Atlas a bien plus de dignité que ça. Il n'ira pas ramper devant ceux qui lui sont soumis pour les supplier de se joindre à lui, de l'aimer, de le chérir et, pire encore, de l'accepter comme dominant. Certainement pas. Atlas, il se fait respecter d'un seul regard, d'un seul mot il remet un imbécile à sa place. Il fait accepter son pouvoir légitime en claquant ses dents et ses sabots sur la chair de l'adversaire. Il est le plus grand, le plus puissant, il le sait et il en use. Oh, mais ne croyez pas avoir affaire à une brute dont la seule croyance, la seule passion est le combat. Atlas est bien au-dessus de cela. Il est doué avec les mots, aussi. Oh, ça ! Il pourrait vous convaincre qu'un puma est une fourmis s'il le voulait. Il a son charme, Atlas. Il est même irrésistible. Il saura vous embobiner, sachez-le. Et plus encore si vous êtes une jument : il est beau, il le sait.

Mais vous vous dîtes certainement que je suis en train de vous dépeindre un parfait tyran, qui ne vit que pour lui-même et pour soumettre les autres à sa grandeur royale. D'un côté, c'est vrai, Atlas est un ambitieux meneur. Mais, d'un autre côté, il n'est pas que ça. Atlas est complexe. Atlas, on ne le comprend pas, on le craint, on l'évite, on voit ses muscles frémissants et ses dents luisantes et l'on se dit qu'il est mauvais. On le juge, on le classe, on en fait le méchant qui vole, qui ment, qui frappe et qui tue. Mais c'est faux.
S'il est fier et orgueilleux, il saura se montrer juste, protéger les siens efficacement, et les mener sans fléchir, toujours strict, sûr de lui et fier. Ce qui a souvent un côté rassurant, car il ne laisse pas planer le doute, qui amène souvent l'angoisse et la crainte, sur son troupeau. Il est là, il veille et il protège. Et en échange, il exige seulement qu'on lui obéisse, qu'on sache qu'il est le chef. Les membres de sa troupe savent que jamais il n'ira ramper devant quiconque, encore moins l'autre chef de harde, pour quémander quoi que ce soit. Il est fier et arrogant. Même dans la période la plus difficile, même si tous tombent autour de lui, comment pourrait-il renier son honneur ? Il trouvera une solution, soyez-en certain. Mais pas celle de demander de l'aide. Alors ceux de son troupeau savent que dans cette harde, ils ne perdront rien de leur honneur, tant qu'ils respectent Atlas comme un chef. Car, se faire vaincre aussi facilement que l'on écrase une fourmis est plutôt humiliant.

Si le troupeau d'Atlas est si grand, malgré la froideur de son chef, c'est principalement parce que la plupart des siens vivaient déjà dans celui-ci avant qu'il n'en prenne la tête. Certains, trop faibles ou trop vulnérables pour le quitter, n'eurent d'autre choix que de rester. La vie en solitaire est dure et cruelle, et ils ne pouvaient se résoudre à rejoindre les humains. Ils durent donc rester. Et Atlas, en échange de leur soumission, leur offrit sa protection et sa justice. Si on respecte le bai, la vie est agréable, ici. Les guerriers et les gardiens sont nombreux, et par dessus tout, il y a Atlas, féroce guerrier qui mettra en fuite n'importe quel adversaire.
D'autres, d'anciens solitaires, d'anciennes montures, le comprirent vite. Et ils vinrent grossir les rangs du troupeau, reniant leur ancienne vie. Certains sont venus dans ce troupeau en cherchant un groupe puissant, le vainqueur plein d'honneur qui régnerait sur les terres sauvages du Cimmarron. Et ils ont trouvé Atlas. Il y a eut les juments, aussi. Certaines sont venues parce qu'Atlas était beau, et qu'elles avaient l'audace de croire pouvoir devenir sa compagne et diriger avec lui. Et les jeunes, les fragiles quettant la protection du puissant clydesdale, qui les accepta sans broncher, sans leur refuser leur faiblesse. Car, oui, Atlas ne refusera pas les plus faibles, les malades, les blessés, les peureux... Il a beau être froid, voir même glacial, être considéré par certains étrangers à son harem comme un tyran, personne ne peut nier qu'il soit un féroce gardien. Il connait ses responsabilités de chef de harde, il sait qu'il doit les protéger et les mener. Et il accepte d'étendre cette protection à tous ceux qui le lui demanderont, à la seule condition qu'ils lui obéissent et se soumettent à son autorité.

En fait, si Atlas est devenu chef de harde, c'est parce qu'il a suivit son instinct. Son instinct lui a dicté de prendre la tête du troupeau, de devenir le meneur incontesté de ces équidés, de leur faire comprendre et accepter sa force et sa domination. C'est l'instinct farouche des étalons sauvages qui bouillonne en lui. Car Atlas est instinctif.

Atlas ne se fixe pas d'attaches. Les amis, non merci. L'amour et l'amitié ne sont que des sentiments dérisoires, qui empêchent ceux qui en souffre de prendre leur envol. Ils ne représentent que des trahisons, des pertes, des douleurs dans le cœur du clydesdale. Il les renie, il les hais de tout son être. Ils le font frémir d'un dégoût, d'une rage sans pareille. Pourtant, il ne le laisse pas paraître. Il se contente de regarder de haut les compagnons se mordillant tendrement, et les poulains dans leurs jeux gamins, une expression de dédain au bord des lèvres. Il vous paraîtra souvent froid, mais tant que vous le respectez, que vous ne portez pas atteinte à ceux qu'il protège ou, pire encore, à lui-même, vous n'avez que peu à craindre de ce géant aux muscles fougueux.

Atlas est un étalon particulier. Les mots auraient bien du mal à le décrire. Vengeur, distant, glacial, et pourtant protecteur. Il a nombre d'ennemis, s'entoure d'adversaires, se noie dans sa haine, et rejette l'amour. Qui donc pourrait sauver ce damné fou, cette âme scellée par la douleur ?

.


Histoire


Atlas est né dans la haine, la fureur et l'effroi. Rares sont ceux qui peuvent prétendre que le monde leur ai parut autant hostile alors qu'ils ouvraient à peine les yeux. Atlas se souvient, lui, aussi nettement qu'une plaie béante dans son coeur. Il se souvient avoir été brutalement tiré de son petit monde confortable pour tomber dans un autre, emplit de haine. A peine fut-il né que l'assaillirent effroi, violence et douleur. Ses oreilles, qui n'avaient jamais rien entendu, furent vrillés par les cris de terreur d'autres équidés, par le bruit de leurs corps massifs se cognant, de leurs sabots frappant. Et, plus terribles encore étaient les hennissements désespérés de sa mère, tandis qu'elle tentait vainement de s'accrocher à la vie et qu'elle agonisait, là, le regard emplit d'un effroi sans pareil, devant son fils nouveau-né. Il y avait cette atroce odeur, qui emplissait ses poumons, le faisait tousser et cracher, l'empêchait de voir en lui piquant les yeux. Et la lumière avide et menaçante, toujours plus proche, toujours plus chaude, qu'il connaissait d'instinct comme un péril effroyable. Puis, soudain, à travers l'écran sombre de fumée, il aperçut une étrange créature. Et il sentit une vive douleur au flanc. La créature bipède se penchait sur lui et le frappait, encore et encore, brisant son petit corps fragile, meurtrissant l'être innocent qu'il était. Puis un voile noir. Etais-ce déjà la fin ? Si seulement il avait su que ce n'était que le début...

Il est né dans une modeste ferme écossaise, pauvre et poussiéreuse, gérée seulement par un couple de vieux paysans et leur fils. Pourtant, la ferme allait devenir dans le futur l'un des plus prestigieux élevages de clydesdales. Mais, à l'époque, il n'y avait que cinq chevaux. Il y avait parmi eux une jument plus élancée que les autres. Pourtant, elle était capable de tracter tout autant que le plus puissant de leurs étalons. Elle était la favorite du fils paysan. C'était lui qui était présent pour la mise-bas, qui l'avait élevée, débourrée, attelée pour la première fois. Il l'aimait presque autant que sa propre vie.
Cette nuit-là, tout aurait dû être paisible. Mais un violent orage éclata, et, frappée par la foudre, la petite écurie de fortune prit feu. Les trois paysans tentèrent de sauver leurs chevaux. Ils sortirent d'abord les plus puissants, avant qu'ils ne soient complètement gagnés par l'affolement et ne soient plus contrôlables. Mais le temps de les emmener à l'extérieur, et de les enfermer dans un petit enclos afin qu'ils ne fuient pas, les flammes avaient ravagé une grande partie des écuries. Il restait encore trois chevaux paniqués. Le fils se rua sur le box de sa jument adorée, que les flammes gagnaient. Il la trouva morte. La mise-bas avait commencé un peu plus tôt, alors que personne ne s'y attendait, et n'était présent pour s'assurer que tout se passe bien. Épuisée par la peur, et la fumée qui l'empêchait de respirer, elle succomba, laissant derrière elle un orphelin. Mué par la confusion du moment, et par la chagrin, le fils se jeta sur le poulain et le frappa jusqu'à ce qu'il perde connaissance.

Ce fut un miracle qu'il survive. Le fils l'avait abandonné là, livré à son sort. Toute la nuit durant, les paysans étaient restés auprès des chevaux sauvés de l'écurie. Seuls trois avaient été sauvés. En plus de la mère d'Atlas, l'un des étalons avait périt lorsqu'une poutre s'était abattue sur son box. Au petit matin, les rescapés remis de leur panique et installés dans des boxes de fortune en attendant de leur trouver un meilleur abri, le vieux couple se dirigea vers les écuries, courbant le dos sous le poids de abattement. Ils sortirent des décombres le corps de l'étalon, puis celui de la jument. Et, à leur grand étonnement, aux côtés de celle-ci, ils découvrirent un petit poulain couvert de suie, chétif mais bien vivant. Le miraculé fut aussitôt emmené hors des cendres et ne tarda pas à reprendre conscience. En voyant ces hommes face à lui, ces créatures comme celle qui l'avait frappé, il prit tout d'abord peur, jusqu'à devenir agressif. C'est l'instinct.

On nomma le petit Storm Miracle. Et, lorsqu'on retira la suie de sa robe, on le découvrit splendide, bien qu'encore chétif. On commença par vouloir le nourrir de la main humaine : il refusa, effrayé, allant jusqu'à mordre. On ne comprit pas sa méchanceté. Et on ne pouvait le nourrir. Alors on vendit, un peu à contrecœur, le miraculé. Il était plutôt beau, c'est vrai, mais encore trop jeune et trop chétif pour valoir quoi que ce soit. On dût le céder gratuitement, et même alors, on trouva difficilement acquéreur. Même le boucher n'en voulait pas, car il était trop maigre.
Puis un homme vint. Il entendit parler du poulain miraculé, et pourtant condamné. Il possédait justement une petite écurie, avec une vieille jument de trait qui avait perdu son poulain peu après sa naissance. Par nature amoureux des équidés, il prit aussitôt la route pour la vieille ferme. On lui céda le poulain avec reconnaissance, et il le ramena tant bien que mal dans ses écuries. Il présenta le poulain à sa jument, et celle-ci, instinctivement, le prit sous son aile. Car tout est question d'instinct.

L'homme comprit bien vite l'origine de l'agressivité de Storm Miracle. Il tenta de l'adoucir, de lui faire accepter le contact humain, vainement. Du moins, au début. Petit à petit, pas à pas, il progressait. Et la vieille jument aidait aussi le poulain à voir le bon côté de la vie. Elle lui parlait de ses histoires, lorsqu'elle était une jeune pouliche rebelle.
Le poulain commença à accepter l'homme. Mais uniquement lui, et s'il restait à distance. Chaque humain étranger le rendait nerveux et agressif. Et il grandit.

La vieille jument rendit son dernier souffle alors qu'il n'avait que quatre mois. Affaiblie par l'âge, ce fut dans une lente agonie qu'elle partit, emportée par une longue maladie, sous les yeux impuissants de son fils adoptif. Cela le marqua profondément. L'homme le nourrit de sa main, ayant réussi à gagner suffisamment sa confiance prudente, jusqu'à ce qu'il ait l'âge du sevrage. C'était devenu un beau poulain, un vrai clydesdale, un peu plus élancé que ceux dont l'homme avait l'habitude, mais puissant et superbe.
Il grandit encore. Il fut débourré, non sans difficultés car il ne pouvait supporter d'être dominé, et s'entêtait à faire ce qu'il lui plaisait. Et il eut trois ans.

L'homme décida de partir en voyage autour du monde, pour le découvrir avec son jeune étalon. Il voyagea sur tous les continents, du moins, ceux qu'il était possible d'explorer. Et Storm Miracle s'émerveillait que le monde soit si grand. Et un jour, ce fut l'Amérique. Le plus dur voyage de l'étalon voyageur, et celui qui devait être son dernier.

On l'embarqua à bord d'un navire, avec d'autres chevaux destinés à la Cavalerie ou appartenant aux paysans qui fondaient des fermes sur ces terres nouvelles. Il n'y avait pas d'autre navire en partance pour les Amériques. Hors, c'était un navire peu équipé pour le transport d'équidés. Les chevaux étaient entassés par centaines dans la cale, dans le noir le plus complet. L'air puait le renfermé et la moisissure, tout était humide. Le voyage fut affreux, et Storm Miracle perdit vite toute notion du temps. Les humains se moquaient bien des équidés, qui n'étaient pour eux qu'une "marchandise" de plus. Plusieurs fois par jour, ils ouvraient simplement la cale et lançaient du foin humide et parfois même moisi dedans. Ils ne nettoyèrent la maigre couche de paille souillée qui servait de litière que quelques rares fois, et c'était certainement parce que l'odeur leur était répugnante dans leur cabines au dessus. Très vite, les chevaux se mirent à mourir les uns après les autres. C'était horrible lorsque, dans les ténèbres, ils entendaient les cris d'un cheval qui était tombé et avait été piétiné dans la panique constante. Parfois, ils trébuchaient sur un corps froid, dégageant une forte odeur de décomposition, car l'humidité ambiante ne faisait qu'aggraver les choses. A la fin du voyage, ils ne bougeaient plus de peur de tomber, car c'était alors la mort assurée. Les humains jetaient de temps en temps par dessus bord ceux qui étaient morts. L'expérience était traumatisante.

Ils atteignirent finalement la côte américaine. On débarqua les chevaux, tous dans un piteux état, certains étant même devenus aveugles à cause de l'obscurité presque permanente pendant près d'un mois. Les humains vérifièrent qu'ils n'avaient pas de blessures trop graves ; certains, avec une large plaie infectée ou un membre cassé, étaient séparés des autres et emmenés plus loin, derrière les arbres. Il y avait alors un coup de feu, parfois un cri atroce, et les humains revenaient sans le cheval pour emmener le suivant. C'était la panique, et certains parvinrent à s'enfuir. Heureusement, Storm Miracle était robuste, et s'en tira à peine sale et égratiné. Il y avait non loin un petit camp fait de tentes où les hommes faisaient halte avant d'embarquer ou après avoir atteint le continent, en attendant un train. L'homme y soigna son étalon, lui donna à manger et à boire, le lava et le pansa. Puis il fut monté dans un wagon de train dont le sol était tapissé de paille sèche et chaude. Le trajet fut plutôt long, mais bien plus confortable que dans le navire. Il y avait eau et nourriture, et Storm Miracle bénéficiait d'un wagon à lui seul.

Et le voyage continua. Storm Miracle portant fièrement son cavalier jusqu'au bout du monde. Mais cette fois, le voyage prit fin. Ce furent des indiens qui attaquèrent le cavalier solitaire. Ils surgirent, hurlant et agitant leurs arcs et leurs hachettes, et désarçonnèrent l'homme. Ils le tuèrent sous les yeux de l'étalon, lui plongeant une lance dans le coeur. Et l'homme agonisant hurla à son étalon de fuir.

Storm Miracle, son cavalier mort et les indiens tentant de le capturer, s'échappa et s'enfuit. Il galopa longtemps. Jusqu'à tomber dans un piège à bête où il se prit le sabot. Il en fut libéré par un humain, monté sur un grand étalon presque aussi impressionnant que Storm Miracle, qui le conduisit jusqu'à une vieille cabane malgré ses rétincences. Car Storm Miracle refusait toujours d'être approché par les humains. L'homme l'enferma dans un minuscule enclos.
Cet homme, le bai le haït plus encore que les autres dès l'instant où il le vit. Il ressemblait à une vipère. Il avait d'ailleurs un tic, un tic menaçant. Souvent, il passait vivement sa langue sur ses lèvres minces, comme un serpent avide. Et cette langue, d'ailleurs, n'était pas sans rappeler le fameux reptile : elle était fendue en deux en son bout, à cause d'une vieille cicatrice. Et l'homme avait des yeux... D'un jaune perçant, reptilien, qui fixaient Storm Miracle avec une avidité et une envie sans pareille.
Ainsi l'étalon tomba entre les mains d'un homme plus qu'à demi-fou, dont la passion dévorante était la haine. L'homme était cruel. Banni de la société après avoir commis divers crimes, il s'était réfugié dans cette forêt reculée où il vivait sommairement, buvant l'eau de la rivière, mangeant les fruits sauvages et les quelques légumes qui poussaient dans son bout de potager. Il chassait rarement. Pourtant, il mangeait souvent de la viande. Mais, il n'avait pas besoin de la chasser : il avait tout ce dont il avait besoin dans les enclos étroits où il enfermait par dizaines des chevaux, volés ou capturés. Et il n'avait pas même besoin de les tuer. Leurs congénères s'en chargeaient aisément. Car ce fou vivait pour les combats. Il entraînait ses bêtes à se battre, pour les lancer l'une contre l'autre dans l'arène qu'il avait construire au beau milieu de son campement, pour qu'elles luttent jusqu'à la mort. Et pour les pousser à l'affrontement, en plus de les maltraiter jusqu'à ce que leur haine explose sur l'adversaire, il avait trouvé comme astuce une jument en chaleur, attachée au bord de l'arène. Car, face à ce monde impitoyable, face à la mort elle-même, tout n'est question que d'instinct.

A chaque combat, il invitait d'autres reclus à se joindre à lui pour admirer le combat, et se repaître du perdant. Parfois, ces autres reclus capturaient un cheval particulièrement puissant et le présentaient au fou pour qu'il affronte l'un des siens. C'était alors l'ouverture de paris, l'occasion de gagner quelques pièces. Et chaque fois, c'était la même chose : les cris, la douleur, la haine, les railleries, et le fracas du combat.
Le fou voyait en Storm Miracle un formidable combattant qui lui ferait gagner nombre de paris, avec cette silhouette tout en muscle nerveux. Il parvint à l'enchaîner dans son ridicule enclos. Sans cesse, tous les jours, il le frappait, le raillait, le poussait à la haine et à la fureur. Il l'affamait, le déshydratait, et le battait. Peu à peu, le fier étalon sombra dans la folie.

Ce jour-là, le fou avait correctement nourrit et abreuvé Storm Miracle. C'était étrange. L'étalon, dans sa haine obscure, avait dût être endormit pour être tiré jusqu'à l'arène. Lorsqu'il se réveilla, les humains entouraient l'enclos, bavardant bruyamment, riant. On fit entrer un jeune et puissant étalon sauvage. Le combat fut immédiat. Storm Miracle se jeta sur l'ennemi et le mordit à l'encolure, la lui brisant presque. L'autre répliqua, mais trop tard. Un coup de sabot dans la tête, et c'en fut finit. Le fou riait plus encore que les autres. On lui offrit quelques pièces, puis les humains protestèrent. Ce combat avait été trop rapide, ce n'était pas drôle. L'étalon sauvage n'était qu'un petit mustang affaibli, pas assez fort pour rivaliser.
Alors le fou présenta au guerrier un autre étalon, plus fort, plus vigoureux que le précédent. Le combat fut plus long, mais l'issue fut la même. On emmena alors un troisième étalon, alors que Storm Miracle commençait à montrer des signes de fatigue. Il sortit vainqueur, encore. Et on déclara que les combats recommenceraient le lendemain.

Les jours qui suivirent, Storm Miracle, ou plutôt, le Guerrier Sauvage, comme on l'appelait désormais, ne cessa de combattre. On lui présenta des étalons plus féroces les uns que les autres, allant même jusqu'à le faire combattre deux adversaires. Mais il restait invariablement vainqueur. On le fit lutter contre des pumas, des loups capturés par les pièges des chasseurs, mais toujours, il survivait et l'autre mourrait.
Et un jour, on apporta un étalon différent. Un splendide trait, aussi grand que le Guerrier Sauvage. Une masse de muscles saillants sous une robe noire luisante. La lutte fut acharnée. Les deux bêtes ne parvenaient à prendre l'avantage. Ils mordaient, frappaient, mais rien. Ils s'épuisaient. Et c'est la fatigue qui eut raison d'eux deux. Le Guerrier Sauvage avait mordu le dessus de l'encolure de l'adversaire, et refusait de lâcher. Alors, l'autre l'avait saisit à l'épaule, ne pouvant rien faire d'autre. Et ils refusaient tous deux de relâcher leur morsure. Ou plutôt, ils n'en avaient plus la force. Ils s'immobilisaient ainsi l'un-l'autre, pour que leur ennemi ne puisse leur porter le coup fatal, car ils savaient qu'ils n'auraient pas la force de se défendre. Et ils chancelèrent. Gardant dans leurs mâchoires la chair adverse, on les vit s'écrouler, se retrouver sur les genoux, puis allongés, pouvant à peine garder leur tête relevée. C'était la fin.

Mais soudain, dans un dernier sursaut de vie, qui n'était autre que l'Instinct lui-même, le Guerrier Sauvage s'arracha aux dents du noir qui, chancelant, parvint à se relever. Mais c'en était finit de lui. Le bai le frappa de ses sabots à la tête, et il s'écroula, fracassant la solide barrière de l'arène. Alors il saisit sa chance. Bondissant au-dessus du cadavre du vaincu, le Guerrier Sauvage gagna sa liberté et s'enfuit en galopant dans les bois. On ne le revit plus jamais.

Il s'effondra, épuisé. Il se réveilla le jour suivant, et découvrit avec étonnement plusieurs chevaux autour de lui. Un étalon gris, à l'air puissant, s'était approché. Et le bai s'aperçut qu'il n'avait plus le moindre souvenir. De son nom à son passé, tout était partit.
Il fut recueillit par ce troupeau, et en devint un membre. Ayant oublié jusqu'à sa haine, il fut un étalon loyal, juste un peu trop colérique. Mais on lui pardonna. Charmé par ces dames, admiré par les poulains, apprécié par les étalons, il vécut quelques mois heureux. Le dominant de la harde le considérait comme son frère, ou son fils. Mais voilà… Le bonheur n'est pas éternel. Et le clydesdale finit par tomber sous le charme d'une des juments du troupeau. Qu'elle était belle ! Gracieuse, élégante, nimbée de sa robe sombre, presque noire, de ses longs crins si fins, couleur ivoire, elle allait parmi le troupeau telle une princesse, de sa démarche ample et infiniment noble. Et quelle gentillesse, quelle justice dans son doux regard azuré… Seulement, il y avait un obstacle à son amour. Cette jument possédait déjà un compagnon. Et il n'était pas des moindres. C'était le chef de la harde.

Le bai ne pouvait se résoudre à dévoiler ses sentiments. Il était trop loyal à ce chef qu'il aimait pour ça. Pourtant, plus le temps passait, plus la jument lui semblait irrésistible. Un jour, le Gris l'appela à l'écart. Il lui parla comme à un fils. Il lui annonça combien il était fier de le compter parmi eux, et lui murmura, le regard brillant, qu'il souhaitait plus que tout qu'il devienne le futur dominant, le prince héritier du troupeau. Le bai ne savait quoi penser. Sans vraiment réfléchir, il accepta. Et il fut annoncé qu'il deviendrait le prochain leader.
A partir de ce jour, il commença à se rapprocher de sa douce. En tant que Prince, il se devait de savoir protéger le harem, et la jument lui apprenait le sens de la justice et l'amour des siens. Elle ne se doutait pas que l'amour qui envahissait le cœur du Prince ne la dévorait qu'elle.
L'amour rend fou. C'est l'Instinct, en quelques sortes. Et le Prince n'y échappa pas. Un jour, alors qu'il était seul en compagnie de sa bien-aimée, qui lui parlait encore une fois de l'importance de l'union dans le harem, il ne put résister plus longtemps. Il ne peut se souvenir nettement de ce passage de sa vie, où l'Instinct, impératif et cruel, c'était emparé de lui pour lui faire commettre l'irréparable. Car la belle avait ses chaleurs…

Le chef fut vite au courant. Furieux, trahit, il se jeta sur le Prince en lui hurlant qu'il était exilé à jamais. Et, dans un geste instinctif, issu de ses expériences passées, le bai le tua. Dans son esprit troublé, bouleversé par l'Instinct et l'Amour, il se mit à imaginer que le chef avait été tué par un vagabond alors qu'il revenait d'un tour du territoire avec la jument. Il ne pouvait avoir accomplit ces abominations ! Et, tourmenté, il se mit à croire avec ferveur à ces songes.
Il revint au troupeau, chamboulé, terrifié, l'image d'un puissant solitaire agressif en tête, d'une lutte, de ses vains efforts imaginaires pour sauver son chef. Il leur révéla ce qu'il s'était passé, ou plutôt, ce qu'il croyait qu'il s'était passé. Il serait devenu chef de ce harem, et ses actes seraient restés inconnus si la jument n'était arrivée à cet instant et n'avait dit la véritable version des choses. Le Prince déchu n'eut pas même besoin d'être chassé. Tourmenté, bouleversé, brisé au plus profond de lui, il s'enfuit à jamais.

Sa mémoire lui revint, un matin. Cela acheva de le briser. Ce n'était plus qu'une ombre, à cette époque. Puis, peu à peu, le soleil le vit s'éveiller chaque matin avec une nouvelle ardeur. Le temps pansait les plaies. Bientôt ne demeureraient que les cicatrices.
Il prit le nom d'Atlas, nom du titan portant le monde, et nom évoquant ses voyages au temps où il était en compagnie du seul homme qu'il aimât jamais. Aujourd'hui, la haine a remplacé la peur de l'homme. Il les hais tous. Pourtant, il n'a pas oublié son ami voyageur, et peut-être au fond de son cœur reste-il un peu de place pour un humain ?

Ainsi il intégra le troupeau, à l'époque le seul du Cimarron. Il gravit les échelons, et un jour, provoqua le chef en duel, car l'Instinct veut que les étalons dominent un harem. Ce dernier accepta, le disant digne de lui succéder s'il perdait le combat, et impatient à l'idée d'un défi. Il perdit. Atlas ne le tua pas. Il ne tue plus de semblables. L'ancien chef, vaincu, fut invité à rester dans les rangs de la harde. Mais, au grand étonnement de tous, il annonça qu'il ne souhaitait pas cela. Il cherchait à céder sa place depuis quelques temps déjà, et ce défi, qu'il avait peu de chances de remporter, avait été le bienvenu. Il savait qu'Atlas ferait un bon leader. Il quitta donc le harem et se joignit aux indiens.
Il paraît que ce chef est mort, à présent. Et Atlas, devenu chef légitime, mena son harem vers les sommets de l'honneur, en faisant un troupeau admiré et redouté. Nul ne peut le nier. C'est un bon leader, ce Prince déchu.

.


Derrière les écrans


Puf : PF.
Âge : - 20 millions d'années d'âge mental. Ma cervelle est celle d'un mégalodon. Faîtes gaffe.
Où as-tu trouvé le forum ? En nageant dans un arbre au sommet de l'Everest.
Comment le trouves-tu ? ... Spirituel ? x)
Codes du règlement : Validés || Atlas (ouais t'as vu Cool )
Quels sont tes double-comptes si tu en as ? Vi, bien sûr, j'ai Pluie de Phoques Radioactifs Dévorés par Petit Pépé Mégalodon en DC :3
S'agit t'il de ta première expérience en RP ? damné fou ! En 20 millions d'années, j'ai eut le temps d'en voir des forums. Je me rappelle encore quand j'étais assise sur la carcasse d'une baleine du Pléistocène dans les abysses, en train de me balader sur les forums avec mon ordinateur sous-marin et d'écrire des rps avec mes nageoires... C'était le bon temps... Je me demande si mon ordi est fossilisé dans la fosses des Mariannes maintenant...



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
« Et sur ses épaules pesait le poids de l'univers... » || Atlas, prince déchu.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 03. back off and looks down
» La voie du sabre
» [Pic de l'épaule] Hauteur des neiges éternelles
» Mission: La fille du Coupeur de Joint! [Privé Seiren]
» La cuite de l'année [ouvert à tout le monde sauf Cassandre]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Cimarron RPG :: Avant le RP :: Personnages :: Présentations :: Validées :: Troupeau d'Atlas-
Sauter vers: