« On dit que la légende de l'Ouest fut écrite sur la selle d'un cheval. Mais aucun cheval ne l'avait contée avec son cœur... Jusqu'à ce jour... »
 

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 "You Shall Not Pass !"

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Atcharyam

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MessageSujet: "You Shall Not Pass !"    Sam 23 Sep - 23:09



Le Gardien de la Forêt



Ronchon. Voilà l'humeur que j'avais en cette journée légèrement grisâtre. Il faisait frais, le ciel était nuageux, mais n'annonçait pas de pluie. Une légère bise soufflait, entraînant mes crins dans sa douce voltige. Je broutai à l'écart du camp, lançant un regard désapprobateur à tout équidé qui s'approchait d'un peu trop près. Le résultat fut celui que je voulais : ils s'éloignèrent tous, me laissant seul dans l'air frais qui faisait se coucher l'herbe autour de moi. J'étais la tâche paisible d'un paysage ployant sous le vent. L'étalon imperturbable que dame nature même ne soumettait pas. Et je mangeais.

Petit à petit, je m'étais engouffré dans la forêt sans même y faire spécialement attention, et il me vint en tête ma rencontre avec Asrae, qui s'était endormie ici peu après son arrivée. J'avais toujours tendance à laisser libre cours à mes pensées quand j'étais détendu, et à ruminer, un peu comme le bétail, mon amertume pour toute autre espèce qui tenterait un rapprochement. Je détestais les autres, je détestais la compagnie. J'étais un solitaire dans l'âme, et c'est tout. C'est qu'à force de me répéter que je ne devais plus m'attacher, j'en avais oublié ce que c'était que de construire un lien, une relation, ou quoi que ce soit de ce type. De toute façon, la seule fois que j'avais essayé, ç'avait été avec Faucheuse durant mon enfance, et ça m'avait suffi pour me vacciner. Je ne reprendrais jamais le risque de vivre ça. Tel était mon état de pensée à cette période de ma vie.

Je soufflai bruyamment, les brins d'herbes étaient plus juteux dans la forêt, car plus gorgés d'eau, mais aussi plus grands, et ils me chatouillaient les naseaux. J'avais le nez plongé dans les brins verts que j'arrachais, tant et si bien que je ne percevais plus les odeurs de bœuf séché que les indiens cuisaient pour le déjeuner. C'était l'heure de manger pour eux, et les chevaux étaient dans l'enclos principal. Moi, comme à mon habitude, j'errais un peu plus loin, savourant ma tranquillité avec ma meilleure amie : la solitude.

C'était tout de même amusant de penser que je me trouvais à quelques mètre à peine du campement, et que l'atmosphère, déjà, n'était plus du tout la même. C'était comme si j'eusse été bien plus loin. Qui pouvait bien savoir ce qui se cachait derrière ces arbres qui m'entouraient ? Prédateurs et proies réunis dans un décor sauvage, s'adonnaient à leur lutte respective qui engluait l'autre dans leur survie. Et moi, j'étais là, et je mangeais. Toujours aussi imperturbable.

Soudain, je fus agacé sous le simple geste instinctif de mon oreille qui se tournait en arrière. Un son me parvint, et il n'en fallait pas plus pour me faire redresser l'encolure. J'étais à la fois attentif à l'idée de savoir ce qu'il se passait, et excédé par celui ou celle qui importunait à la fois mon repas et mon isolement volontaire. Je reconnus des bruits sourds de sabots foulant le sol de la forêt, et ne mis pas longtemps à comprendre qu'un cheval venait par ici. Le pas était trop lourd pour appartenir à une biche ou un sanglier. Inquiet à l'idée qu'ils soient plusieurs, je ne tardai pas non plus à me rassurer : il n'y avait, à l'entendre, qu'un équidé qui approchait.

Je pris le temps d'écouter avec attention le chemin emprunté par l'individu, avec la ferme intention de me mettre sur sa route, et c'est ce que je fis avec succès. Je me retrouvai sur un petit sentier presque invisible, tracé entre les troncs, et je patientais en son centre, l'air dur, bien campé sur mes quatre sabots. Je m'étais placé de telle sorte qu'on ne pouvait voir le phénix aux couleurs de feu peint sur ma croupe, et je bloquais littéralement le passage. Mes sens me confirmèrent que j'avais eu raison. Il ne fallut que peu de temps avant qu'une silhouette ne se découpe, et qu'une odeur d'inconnu ne me vienne.

Attendant que le cheval soit à portée de mes mots et ne me voit. Attendant qu'il marque un arrêt, je fronçai les sourcils, les muscles tendus comme un million d'arc prêt à décocher leur flèche. Je me faisais grand et intimidant, et ma voix tonna, rauque de parler aussi peu, et autoritaire de ce timbre qui ne vous laisse guère le choix que celui de vous stopper net :


- Ola, cheval intrus. Je suis l'un des gardiens de ces terres, et, je regrette, mais il semble que votre périple s'arrête ici.







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Ivy

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MessageSujet: Re: "You Shall Not Pass !"    Dim 24 Sep - 19:13




I shall pass.
Couchée au milieu d'une clairière, profitant du soleil, une ponette semblait somnoler. Silencieusement, elle luttait contre la peur viscérale qui lui tordait le ventre, tâchant de faire comme s'il n'y avait rien... car après tout, il n'y avait rien, pas vrai ?
- Ils seront partis. Ils seront partis, et tu sera de nouveau seule...
La voix sussurait à son oreille, matérialisant sa peur.
Comme pour chasser une mouche bourdonnante, la petite pie secoua brusquement la tête.
- Oh, tu peux nier, tu le sais, j'ai raison.
- Non ! Tu n'existe pas, et ces peurs aussi. Je suis un membre à part entière du troupeau, et ils ne m'abandonneront pas, parce que... Parce que...
Elle avait ouvert des yeux brillants d'effroi et de colère mêlés.
Face à elle, se tenait Belzet, cheval d'ombre. Il souriait doucement, amusé.
- Oui ? Pourquoi donc ? Tu n'es rien pour eux, tu n'as rien de spécial qui les empêche de t'abandonner.


Se refusant de le laisser gagner, la ponette se leva brusquement et lui tourna le dos, s'éloignant d'un pas tranquille pour lui prouver qu'elle ne fuyait pas.
Il restait silencieux, mais elle pouvait presque sentir le poids de son regard amusé peser sur son dos. Autant pour prouver à elle même qu'à lui qu'elle n'avait pas envie de courir à fond de train vérifier la présence rassurante du troupeau, elle continua son chemin, s'enfonçant dans la forêt.
La pie faisait toujours mine de ne pas broyer de pensées noires, quand elle fut stoppée net par la présence méfiante d'un étalon qui lui barrait la route.
- Ola, cheval intrus. Je suis l'un des gardiens de ces terres, et, je regrette, mais il semble que votre périple s'arrête ici.
Soulagée de cette présence rassurante, sans faire vraiment attention à ses paroles, la ponette se précipita vers lui, un grand sourire aux lèvres, puis comme elle avait maintenant pris l'habitude, elle se colla au flanc du cheval, savourant le contact rassurant de cette réalité tangible:
- Coucou ! Moi c'est Ivy !
Puis, fixant son œil borgne:
- Oh, nan, toi aussi ?

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Atcharyam

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MessageSujet: Re: "You Shall Not Pass !"    Dim 24 Sep - 20:36



Don't Touch Me !!



Une jeune jument pie se présenta à moi. Elle semblait un peu naïve, ou enfantine. Je n'aurais pas su trancher, et je me demandais si ce n'était pas une carapace érigée dans le but de me faire baisser la garde. Mais je tenais bon. Je demeurai statique, ne perdant pas mes objectifs, à l'image d'une statue comme les totems que j'avais souvent vus chez les indiens. Indifférent à tout ce qu'elle pourrait faire, ou tenter. J'avais la ferme intention de l'empêcher de rejoindre mon chez moi. Elle n'avait plus qu'à faire demi-tour ou à changer radicalement de direction.

Déstabilisé. Je fus déstabilisé de la voir me foncer dessus comme une furie. Mon premier réflexe fut de croire qu'elle voulait forcer le passage en me chargeant, tête basse, alors je me redressai et me fit le plus dur possible dans l'initiative d'encaisser le choc qui m'attendait de front. Heureusement que j'avais un peu de muscles. C'étaient les seules choses qui me traversèrent l'esprit durant le temps très court qu'elle mit pour me rejoindre à toute allure.


- Coucou ! Moi c'est Ivy !



Elle se colla à mon flanc, et ressentir une chaleur corporelle contre la mienne me fit l'effet d'un électro-choc. La seule jument qui s'était autorisée le droit de m'approcher, de m'effleurer et de me toucher avait été Faucheuse, et j'en gardais un souvenir bien trop douloureux. Alors percevoir une autre jument me toucher au même endroit me glaça sur place, tandis que dans ma tête, des souvenirs abominables me détruisaient petit à petit. Je demeurai sous le choc quelques instants, incapable de convaincre mes muscles de se remettre en mouvement pour la rejeter froidement d'où elle venait, avec la violence sans nom que je renfermais quelque part en moi.

Sa voix me ramena à la réalité, et lorsqu'elle me posa une question que je n'avais pas écoutée, je secouai brusquement la tête et la bousculai sans ménagement, élevant la voix :


- Non mais pour qui tu te prends !?



Mes yeux lançaient des éclairs. Je ne la quittais plus de mes prunelles anormalement dépareillées, tremblant de nervosité sous la colère qui me saisissait. Ce n'était plus une inconnue à la robe pie que j'avais devant moi. Non. Devant moi, je croyais voir Faucheuse. Faucheuse et son sourire d'acier qui s'occupait bien de me perforer le cœur. Faucheuse et son rire sans âme qui vous transcendait lorsque vous étiez amoureux d'elle, et vous anéantissait lorsqu'il résonnait dans les souvenirs de votre esprit brisé. Faucheuse et ses amies, toutes plus stupides les unes que les autres, et qui suivaient ses affreuses mascarades de séduction, pour se convaincre qu'elle plaisait encore...

Faucheuse. La jument qui m'avait tué de l'intérieur. Celle pour qui le nom tout trouvé allait à merveille.

La respiration forte, et mon attention toujours fixée sur l'inconnue, je crachai :


- Je t'interdis de me toucher, tu m'entends !? Qu'est-ce que tu veux !?








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MessageSujet: Re: "You Shall Not Pass !"    Ven 6 Oct - 19:37




I shall pass.
La petite ponette se colle contre son flanc, sans se rendre compte du raidissement immédiat de l'étalon. La bousculant, il lui lança:
- Non mais pour qui tu te prends !?
Ivy pencha la tête sur le côté, en une intense réflexion qui ne dura pas. Les yeux brillats, elle s'écria alors:
- Je suis une chasseuse de spectre !
"Nah.", pensa t-elle en direction de Belzet.
L'étalon semblait furieux.
- Je t'interdis de me toucher, tu m'entends !? Qu'est-ce que tu veux !?
La pie pencha la tête encore une fois, agacée de cet ordre. Elle se contenta de répondre:
- Oui, oui, je t'ai entendu.
Ce qui ne signifiait pas qu'elle ne le referait pas.
Puis la béatitude de cette nouvelle histoire repris le dessus sur l'agacement, elle s'élança sur ce nouveau conte:
- Et bien, répondis t-elle donc, Je te l'ai dit,  je suis une chasseuse de spectre. Et comme il parait qu'on en a vu par là, je suis venue jeter un coup d'œil.

Ivy aurait bien sautillé de joie devant cette si génialissime histoire, mais ce n'est pas quelque chose que la chasseuse de spectre aurait fait. Elle reprit donc son rôle avec un air grave.

"La chasseuse contemplait son interlocuteur, concentrée sur les potentiels détails qui pourrait l'aider à avancer dans son enquête. Un spectre, même juste aperçu, était déjà de trop sur ces terres. Elle savait bien à quel point ils pouvaient être dangereux."

Et le ricanement de Belzet résonner à ses oreilles.

Ivy ne se laissa pas déconcentrée, autant pour rester avec son histoire que pour le chasser.

"La chasseuse reprit donc, d'une voix douce, elle encouragea le cheval à se confier à elle:"

- Dis moi, aurais tu toi même aperçu l'un d'entre eux ?

©️ charney



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