« On dit que la légende de l'Ouest fut écrite sur la selle d'un cheval. Mais aucun cheval ne l'avait contée avec son cœur... Jusqu'à ce jour... »
 

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Atlas

Vache en kilt adoratrice de cornemuse

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MessageSujet: « Freak »   Lun 20 Nov - 18:50




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Et l'on réduisait en lambeaux des vies juste pour rire, et l'on naissait diable pour plonger au plus profond du gouffre. C'était la déchéance des démons.


Son sabot délogea une pierre. Un minuscule cailloux, ridicule, insignifiant. Il roula au bas de la pente, rebondissant avec un bruit sec sur ses pairs immobiles, frappant, encore et encore, le sol de toute la violence que lui conférait sa vitesse. Il se fracassait à chaque choc en une vive étincelle de lumière, laissant derrière lui quelques éclats perdus. S'il avait pu hurler, il aurait hurlé. S'il avait pu maudire, il aurait maudit. Et s'il avait pu souffrir… Oh, s'il avait pu souffrir ! Il aurait souffert le martyr dans cette descente aux enfers qui le conduisait au fond du gouffre. Son âme se serait déchirée de ses cris qui ne parvenaient à échapper à la prison de son être, son corps meurtrit l'aurait aspiré tout entier à la Mort que son cœur désirait si ardemment. Mais il n'aurait pu mourir. La Mort est patiente et s'interdit d'interrompre ses jeux avant que ses pions ne perdent leur attrait. Oh, s'il avait pu souffrir… Atlas y aurait vu son propre reflet.

Le Roi détacha son regard vairon de la pierre qui avait stoppé sa course quelques mètres plus bas. Stupide, stupide vie. N'était-il qu'un monstre ? Etait-il donc un diable de fou ? Il bondit sur un surplomb. Ses sabots frappant la roche résonnèrent étrangement dans le silence inhabituel des pics rocheux. Mais il ne l'entendit même pas. Dans sa tête se déchaînait un ouragan furieux de cris et d'émotions qui l'aveuglaient. Il se redressa, frémissant, portant son regard vers l'horizon sans le voir. Il aurait voulu hurler, il aurait voulu cracher sa haine et son venin sur ce monde qui avait fait de lui une telle bête sauvage et incontrôlable. Mais il ne le pouvait pas. Alors, droit et fier, l'encolure haute comme s'il voulait approcher les astres, il lançait en silence son défi à l'univers. Et il le haïssait.
Atlas coucha brusquement les oreilles contre son crâne et, dans un geste de rage, s'élança droit vers le gouffre. Peut-être un cri bestial, déformé par la colère, lui échappa-t-il tandis qu'il galopait de toute la force de ses membres puissants. Peut-être… Il ne le sut jamais. Il s'en contrefichait. Ses sabots martelaient la roche, la faisant trembler sous son poids, sous cette masse vibrante de muscles tendus comme ceux d'un loup enragé. Une écume blanche se formait au creux de son encolure, ses yeux lançaient des éclairs avides. Et il bondit. Il bondit, droit dans le gouffre. De toute la force de ses postérieurs, il s'y jeta, laissant exploser la fureur de son cœur de monstre devenu fou. Depuis quand était-il fou ? Il avait cru avoir laissé derrière lui toute la bestialité de son existence, en achevant la besogne de son ultime combat. Le Guerrier. N'était-il donc que ça, une bête avide de sang, de haine ? Un fou maudit qui ne répandait que le malheur ? Il ferma les yeux. Ses crins flottaient autour de lui, ses sabots ne rencontraient plus que le vide. Et il chuterait au plus profond du gouffre, là où il disparaîtrait, enfin.
La roche se matérialisa soudain sous son flanc. Le choc lui coupa le souffle, lui arracha un hurlement muet. Un horrible craquement retentit, et il sentit le sol s'effondrer sous son poids. Le gouffre l'attirait inexorablement vers le bas. Il rouvrit les yeux à l'instant où la roche s'effondrait, pour le lancer dans une nouvelle chute. Et un voile noir obscurcit sa vue.

Non, non, c'était impossible. Se jouait-elle de lui ? N'était-il donc qu'un pantin exempt de toute liberté de choix ? Atlas ouvrit les yeux. Les étoiles, impassibles spectatrices de son pathétique, se dressaient toujours loin là-haut. Et il était toujours plongé dans d'obscures abysses, si bas, si mort… Et pourtant vivant. Pourquoi ? Pourquoi n'était-il donc pas mort, là, minable et insignifiant comme il l'avait toujours été ? Il n'était que le chétif poulain né dans les flammes d'une écurie miteuse. Il aurait dû mourir ! Il n'avait rien d'un miracle. Il n'avait rien d'un guerrier. Il n'était qu'une bête dominée par des instincts farouches.
Il se releva, pas même étonné de découvrir qu'il n'avait pas la moindre séquelle lourde malgré sa chute. Son corps meurtrit des égratignures causées par les éclats affûtés de roche et d'ecchymoses ne lui importait pas le moins du monde. Il leva le regard vers les astres. Son rire aux arômes déments résonna dans les dédales de gouffres.

« Eh bien, qu'attends-tu ? Pourquoi ne viens-tu donc pas me quérir, me torturer un peu plus ? lâcha-t-il avec tout le sarcasme de la folie. Oh, mais je sais ; tu as compris que tu ne pourras jamais me faire plus souffrir encore que tout ce que j'ai vécu. »

De nouveau, Atlas laissa échapper un éclat de rire lugubre. Seul son écho lui répondit, comme si le monde entier se moquait de lui. Et bien, soit. Le monde, il s'en moquait. Le monde, il l'écrasait, il le dominait. Il était le Roi. Il était Atlas.

« Tu as peur, Mort ? Peur de venir me prendre ? Tu es plus pathétique encore que je ne le suis. Un sourire cynique déforma ses traits en un rictus malsain. Il se redressa, plus imposant que jamais, et cracha de toute la force de ses poumons : Entend-moi ! Je suis Atlas, chef du troupeau de l'Est, fils des flammes avides ! J'ai vu des ballets irisés de lueurs célestes et des soleils qui ne meurent jamais ! Entend-moi donc, Mort : je suis Atlas, et à chaque seconde de ma misérable vie, je t'attendrais. C'est le défi que je te lance ! »



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